LA LETTRE N°34 - JUIN 2009

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NEWS – Juin 2009

Edito  : A propos de l'enquête sur la Formation Médicale Continue (FMC) et l'Evaluation des Pratiques Professionnelle (EPP) de l'UFCV . C. Ziccarelli, J.-F. Thébaut, E. Pouchelon, P. Assyag

Pour votre pratique : Une sélection d'articles par le Dr Jean-Louis Gayet

SOCIETE FRANCAISE DE CARDIOLOGIE

  • Newsletter de la SFC, mai 2009, le mot du Président Pascal Guéret  : Ces dernières semaines ont été riches en publications officielles concernant la formation et la pratique professionnelles dans notre spécialité. En effet, plusieurs textes très attendus viennent d'être publiés…

  • Recommandations sur la prise en charge de la maladie coronaire du sujet âgé Consensus d'experts de la Société Française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG) et de la Société Française de Cardiologie (SFC) sur la prise en charge de la maladie coronaire chez le sujet âgé.

HAUTE AUTORITE DE SANTÉ

  • Avis de la Commission de la transparence
    • XELER 20 mg/5 mg, 40mg/5mg, 40mg/10mg : comprimés pelliculés
    • CRESTOR 5 mg, 10mg, 20mg : comprimés pelliculés
    • TEMERIT 5 mg : comprimé quadrisécable
    • NEBILOX 5 mg : comprimé quadrisécable
    • OLMETEC 10 mg, 20mg, 40mg : comprimés pelliculés
    • ALTEIS 10 mg, 20mg, 40mg : comprimés pelliculés
    • SEVIKAR 20 mg/5 mg, 40mg/5mg,40mg/10mg : comprimés pelliculés
    • TRACLEER 62,5 mg, 125mg : comprimés pelliculés

POUR CEUX QUI S'INTERESSENT AU DMP : Etat des lieux et perspectives des plates-formes régionales des services  : programme de relance du DMP et des systèmes d'information partagés de santé, mai 2009

 

UNE NOUVELLE RUBRIQUE :
QUELQUES INDICATEURS POUR VOTRE PRATIQUE QUOTIDIENNE


Articles du mois sélectionnés par le Dr. Jean Louis GAYET

  A population-based, longitudinal study of erectile dysfunction and future coronary artery disease

La valeur prédictive d'une dysfonction érectile (DE) pour le risque de maladie coronaire semble bien établie mais les études disponibles sont, pour beaucoup, méthodologiquement critiquables. Le suivi prospectif jusqu'à 10 ans d'une cohorte de 1402 hommes de 40 à 79 ans, sans coronaropathie connue, et sélectionnés de façon aléatoire dans deux cohortes épidémiologiques nord-américaines, apporte de nouveaux arguments sur cette association. La prévalence de la DE à l'inclusion, évaluée de façon rigoureuse sur la base d'un questionnaire spécifique, augmente progressivement de 2,4% à 40 ans à 38,8% après 70 ans avec environ 5 à 6% de nouveaux cas tous les deux ans. L'incidence d'une nouvelle DE est significativement associée à l'âge, l'hypertension artérielle et le diabète. Une nouvelle coronaropathie est apparue chez 11,1% des patients avec une forte influence de l'âge (de + 0,94% à 40 ans à + 23,3% après 70 ans).Chez les hommes avec DE, cette incidence est clairement plus importante pour les plus jeunes (+48,5% à 40 ans contre 29,6% à plus de 70 ans). En analyses multivariées les auteurs de ce travail confirment cette association avec un risque de coronaropathie 2 à 3 fois plus élevé chez les sujets de 40 ans ayant une DE alors que cette dernière n'augmente pas le risque de coronaropathie chez les sujets de plus de 70 ans. La présence des mêmes facteurs de risque dans les deux affections, comme retrouvée ici, suggère qu'elles ne sont que deux expressions de la seule maladie athéromateuse. L'antériorité de la DE sur la coronaropathie pourrait s'expliquer par la taille respective des vaisseaux (1 à 2 mm versus 3 à 4 mm) qui favoriserait plus rapidement l'expression de la DE que celle de la coronaropathie. Toutefois, une dysfonction endothéliale serait un commun dénominateur plus probable. Dans le même numéro des Mayo Clinic Proceeding , une belle revue générale sur les inhibiteurs des phosphodiestérases de type 5 (sildenafil, tadalafil et vardenafil) montre que ces produits sont réellement efficaces contre les DE et ce, quelle qu'en soit la cause et les facteurs de risque associés (HTA, diabète, dyslipidémie…).

Inman AB, St-Sauver JL, et al. A population-based, longitudinal study of erectile dysfunction and future coronary artery disease. Mayo Clin Proc 2009;84(2):108-113.

Indicateur pour votre pratique : Une dysfonction érectile chez un sujet jeune doit inciter à rechercher une coronaropathie (risque multiplie par 2 à 3 à 40 ans).

  The association of anger and hostility with future coronary heart disease: a meta-analytic review of prospective evidence

Le rôle des facteurs psychologiques dans la maladie coronarienne est évoqué depuis longtemps. Si la dépression semble bien un facteur de pronostic tant pour la maladie coronarienne que pour l'insuffisance cardiaque, la démonstration restait à faire sur le versant des comportements "hostiles". Ces derniers ont été longtemps identifiés au type A mais aucune étude n'avait jusqu'à présent réussi à démontrer correctement cette relation. Une équipe londonienne a de nouveau relevé le défi en se focalisant sur deux comportements qui pourraient être plus représentatifs de ce risque, la colère et l'agressivité. Ils ont ainsi identifié 25 études évaluant leur rôle dans le déclenchement de la maladie coronaire chez des sujets sains et 19 autres évaluant leur impact sur le pronostic de la maladie coronaire avérée. 28% des premières et 26% de secondes trouvaient un rôle défavorable et les autres, à une exception près (effet favorable) un effet neutre. Avec 21 études (67187 patients) exploitables en méta-analyse il existe un excès de risque de survenue d'une nouvelle maladie coronaire chez les sujets coléreux/agressifs quantifié par un rapport de risque à 1,19 (1,05 -1,35 ; p < 0,001). Avec 14 études exploitables en prévention secondaire, ces caractéristiques véhiculent également un risque d'excès de nouveaux événements coronaires quantifié par un rapport de risque de 1,24 (1,08-1,90 ; p = 0,002). Dans une analyse de sensibilité (explicative), il semble que chez les sujets initialement sans maladie coronaire, l'effet de la colère/agressivité soit plus marqué chez les hommes que chez les femmes (rapports de risque de +22%, p < 0,001). Cette méta-analyse semble techniquement de bonne qualité avec tout au plus, comme souligné par les auteurs, un léger biais de sélection (peu d'études positives de petite taille) mais pas susceptible d'en remettre les résultats en cause. Ces auteurs soulignent bien que ce travail observationnel ne permet pas de faire un lien de causalité. Pour sa part, l'auteur de l'éditorial satellite estime que le problème psychologique est plus vaste et que, comme par exemple, pour les traitements visant les cytokines inflammatoires en prévention de l'athérosclérose, il serait peut être plus judicieux d'avoir une approche globale plutôt que de ne focaliser que sur des facteurs spécifiques avec un risque élevé de déconvenue.

Chida Y, Steptoe A. The association of anger and hostility with future coronary heart disease: a meta-analytic review of prospective evidence. J Am Coll Cardiol 2009;53(11):936-946.

Pour votre pratique : Selon cette revue de la littérature, le risque relatif de survenue d'une nouvelle maladie coronaire chez les sujets coléreux/agressifs est de 1,24

Survival and neurologic recovery in patients with ST-segment elevation myocardial infarction resuscitated from cardiac arrest

Une proportion très importante des arrêts cardiaques par IDM survient en dehors de l'hôpital ou à l'arrivée au service d'urgence. Lorsqu'ils ont donné lieu à une réanimation cardio-circulatoire, la présence d'altérations neurologiques immédiates pose le lourd dilemme de la revascularisation coronaire. Une équipe américaine du Delaware à réévalué le pronostic immédiat de 98 arrêts cardiaques par IDM consécutifs (77 hors de l'hôpital et 21 aux urgences), vus au service d'urgences pendant 5 ans, et ayant eu une coronarographie. Par rapport aux patients avec IDM sans arrêt cardiaque, le délai porte-ballon de ceux qui en ont eu un a été de 104 min au lieu de 80 min. La survie hospitalière parmi les 98 victimes d'arrêts cardiaques a été de 96% chez les 14 qui avaient une réponse neurologique minimale après ressuscitation, de 93% chez les 25 qui n'avaient qu'une réponse d'alerte et de 44% chez les 59 qui n'en avaient aucune réaction. Avec un suivi allant de 7 mois à 5 ans la survie globale a été respectivement de 64%, 61% et 60% à 1, 6 et 15 mois. Dans ces trois groupes de patients, les taux de récupération neurologique complète (capables d'autonomie au quotidien) a été de 96%, 71% et 39%. Au total, 92% des survivants ont eu une récupération complète. Le groupe de ceux qui n'avaient aucune réaction a fait l'objet d'une attention particulière. Leurs taux de survie sont restés stables avec 42%, 41% et 41% respectivement à 1, 6 et 15 mois. Dans ce même sous-groupe, 88% des survivants ont eu une récupération neurologique complète. Les facteurs prédictifs de survie sont la précocité de la réanimation, son effet immédiat, un âge jeune et le sexe masculin. A l'exception du dernier ce sont les mêmes facteurs qui sont retrouvés pour la survie sans séquelles. Les résultats de cette étude montrent donc que le pronostic neurologique ne doit pas priver ces patients d'une revascularisation coronaire précoce, d'autant plus que les facteurs de bon pronostic sont réunis.

Hosmane VR, Mustafa NG et al. Survival and neurologic recovery in patients with ST-segment elevation myocardial infarction resuscitated from cardiac arrest. J Am Coll Cardiol 2009;53(5):409-415.

Indicateur pour votre pratique : Le pronostic neurologique après arrêt cardiaque par IDM ne doit pas priver les patients d'une revascularisation myocardique aussi précoce que possible.

Persistent fainting after implantation of a "curative" pacemaker

Le cas clinique suivant présenté dans le New England Journal of Medicine , nous a paru intéressant en ce qu'il met l'accent sur une erreur diagnostique à laquelle n'importe quel cardiologue peut être exposé. Il s'agit d'un homme de 64 qui a présente une sensation de malaise avant de perdre connaissance pendant 2 minutes. Il n'a pas d'autre antécédent qu'un AIT pour lequel il est traité par aspirine et son examen clinique est normal (de même que l'ECG, l'échocardiographie, le Holter, l'IRM cérébrale et l'EEG). Trois semaines plus tard, alors qu'il est équipé d'un enregistreur cardiaque en boucle, il fait un nouveau malaise contemporain d'un arrêt sinusal de 25 secondes qui justifie la mise en place d'un pace-maker double chambre. Malgré cet appareillage, il présente plusieurs autres épisodes de confusion dont un, à nouveau, avec un collapsus cardiovasculaire. Un EEG finit par rapporter ces symptômes à un foyer épileptogène temporal antérieur gauche. Après un an de traitement avec oxcarbazepine, il ne présentera plus aucune manifestation de ce type. L'ictus bradycardique est une manifestation rare d'une forme d'épilepsie principalement localisée dans le lobe temporal gauche qui s'observe surtout chez des hommes de plus de 60 ans. Les manifestations associées à cette épilepsie (blocage, sudation, palpitation, dyspnée, paresthésies) peuvent faire évoquer une attaque de panique. Elles peuvent s'accompagner d'apnées, d'arythmies malignes et être responsable de mort subite. La mise en place d'un pace-maker n'est pas nécessairement un contre-sens si les pauses bradycardiques sont de longue durée mais, pour l'instant, l'appareillage ne semble pas diminuer le risque de mort subite chez les épileptiques. Il semble donc qu'il soit facile de passer à côté de ce diagnostic que seuls une connaissance de ce piège, un interrogatoire et un examen clinique attentif peuvent orienter vers des troubles secondaires du rythme et de la conduction.

Kasim S, Hennessy M, Crowley J. Persistent fainting after implantation of a "curative" pacemaker. N Engl J Med 2009;360(1):88-89.

Indicateur pour votre pratique : N'oubliez pas que des troubles de la conduction peuvent être induits par un foyer épileptogène localisée dans le lobe temporal gauche.